Carnet du Pontife ... les ponts du Québec

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27 dec 09 - Pont de Québec en 1 heure

Par Raymond Giroux

Journal Le Soleil

Édition du 5 décembre 2009


(Ottawa) Une heure à la fois, le pont de Québec fait parler de lui aux Communes. Comme nous le savons tous, il est rouillé et peu esthétique dans son état actuel. Mais nous ne risquons rien à l'utiliser, sa structure répond à toutes les normes de sécurité.

Le député bloquiste de Louis-Hébert, Pascal-Pierre Paillé, a amorcé le débat cette semaine en proposant que le fédéral rachète le pont pour la somme symbolique d'un dollar et le remette en état à ses frais.

Selon la procédure, le sujet reviendra à l'ordre du jour une autre heure en février, et une dernière à un moment encore à préciser le printemps prochain.

Pont de Québec, vers 1950. ANQ dossier semi-actif, collection Jean Lefrançois.

En théorie, la manoeuvre devrait réussir. Le Bloc, évidemment, votera en faveur de la motion de son député, Thomas Mulcair a approuvé le texte au nom du NPD avec une vigoureuse intervention et la libérale Alexandra Mendes s'est montrée elle aussi sympathique.

Cette dernière a déjà annoncé son intention d'y ajouter un amendement «amical» de son cru. Si son discours peut nous donner un indice, elle réclamera quelque chose pour le pont Champlain, à Montréal, qui débouche dans sa circonscription.

À sa défense, elle reconnaît que «son» pont n'a pas le caractère historique de «notre» pont, mais elle évoque aussi le cas du pont Victoria, qui tombe dans la circonscription voisine - et bloquiste - de Saint-Lambert.

J'espère que les députés concernés régleront entre eux cette possible querelle de clochers et trouveront la formule parfaite pour ne pas faire dérailler la proposition.

Mais son adoption malgré l'opposition des conservateurs minoritaires aura un résultat essentiellement symbolique, puisque le gouvernement n'est pas lié par les voeux pieux des députés.

S'il faut blâmer quelqu'un pour la situation actuelle, c'est pourtant bien le gouvernement fédéral, qui a lancé le projet de repeindre le pont sur la base d'évaluations environnementales pour le moins approximatives.

De son côté, le CN a déjà dépensé sa part des frais d'embellissement, refuse d'investir un dollar de plus et fait face à des poursuites judiciaires.

Sa position m'apparaît légalement blindée, et seules des pressions politiques pourront le convaincre d'agir autrement. Faudra-t-il lancer une chaîne de lettres à Bill Gates, le plus gros actionnaire du CN? Peut-être bien!

Source.




27/12/2009
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