Carnet du Pontife ... les ponts du Québec

Carnet du Pontife ... les ponts du Québec

A la découverte des ponts couverts



Les ponts de bois couverts abritent un récit fort captivant. Meublant le paysage québécois depuis le début du 19e siècle, ces ouvrages patrimoniaux ont compté bien au-delà de 1000 spécimens. Grâce à l'initiative de la sous-ministre adjointe à la Direction générale des infrastructures et des technologies, Anne-Marie Leclerc, le ministère des Transports et les Publications du Québec célèbrent notre « pont rouge » en dédicaçant un livre de 220 pages à ce phénomène, s'il en est un.



Le pont Perreault de Notre-Dame-des-Pins, au cœur de la page couverture. Collection ministère des Transports,
auteur de la photographie : Alain Rodrigue, 2003.

Tiré à 6000 exemplaires et offert dans 700 points de vente, ce magnifique « album » retrace l'origine des premiers ponts couverts québécois. Quoi de neuf direz-vous? Jamais un livre n'avait traité du dossier dans toute la perspective du fait québécois. Les personnages qui ont façonné cette histoire y sont présentés. Le savoir-faire québécois y est révélé. L'œuvre du ministère de la Colonisation y occupe une large place, car, grâce à cette organisation, le déploiement de cette technologie prenait tout son sens. Pendant les 75 ans de son mandat, la conception des ponts couverts a atteint un degré de perfectionnement élevé lorsque les fonctionnaires du Ministère dessinent notre pont couvert « Town élaboré », archétype peu changeant, mais extrêmement efficient.



Un pont couvert typique facilitant la colonisation de Palmarolle, en Abitibi. Deux poutres en bois Town élaboré, un toit, un peu de lambris et la traversée de la rivière Dagenais est chose faite
.
Archives nationales du Québec à Québec, Office du film du Québec, auteur : J.-M. Reid, cote E6,S7,P4125.


De chapitre en chapitre, le lecteur constatera à quel point le pont couvert s'est transformé au fil des décennies. Qui aurait cru à une telle variété de ponts couverts chez nous? Pour s'en convaincre, près de 240 photographies inédites ou très rarement publiées illustrent ce volume de référence. Certaines photos surprendront le lecteur. Ces pièces d'archives ou contemporaines sont tirées, pour la plupart, de collections privées et de fonds des Archives nationales du Québec inexploités jusqu'ici. Le fonds de l'Office du film du Québec, ratissé pour l'occasion, a fourni des documents d'une valeur inestimable pour les passionnés de ponts couverts. Quelques clichés artistiques des pionniers de la photo, tels qu'Alexander Henderson et William Notman, témoignent d'une époque où le pays était encore à bâtir.



En 1945, une expérience déroutante attendait le voyageur au hasard de son chemin : un joli portique cintré en surplomb ouvrait la porte sur le hameau Cranberry d'Ireland, près de Thetford Mines. Archives nationales du Québec à Québec, Office du film du Québec, auteur : Irénée Beaudet, cote E6,S7,P27827.


Appuyée sur une écriture jolie et alerte, cette publication raconte les historiettes de 26 ponts couverts encore existants jugés les plus distinctifs du Québec moderne, triés sur le volet pour leur histoire ou leur architecture. Quiconque un tantinet avide d'y faire route trouvera en annexes une liste nominative et des cartes générales menant à la découverte des 88 derniers ponts couverts authentiques du Québec.

Construit de la même fibre que les Ithiel Town, William Howe et autres hommes géniaux et toujours « patenteux », Georges Barrette, menuisier de métier, s'active au sein du ministère de la Colonisation à construire les ponts couverts les plus audacieux de la fin du 19e siècle.
Collection Madeleine Barrette, vers 1895.

Entreprendre cette véritable traversée du temps, sans compter des années d'enquêtes et d'observation en la matière, serait inévitablement utopique. Nous, les auteurs, Gérald Arbour, Fernand Caron et moi-même, partageons une récolte glanée sur 30 ans à courir les beaux ponts, à comparer, à recenser... Nous vous appelons à partager nos délicieux plaisirs.



Les auteurs, des passionnés pour les ponts.

Fin conteur, M. Arbour, ex-président de la Société québécoise des ponts couverts (dissolue en 2002), a rédigé la majorité des textes; il présente des documents photographiques et des plans… de sa riche collection personnelle. Quant à lui, M. Caron livre son expertise de ces ouvrages en bois issue d'une solide carrière de 34 ans au ministère des Travaux publics et, par la suite, au ministère des Transports du Québec. Pour ma part, technicien spécialiste au ministère des Transports, je fais de la recherche pour mon plaisir sur l'histoire des ponts et des techniques depuis 1997. Je me plais à communiquer ma passion pour les ouvrages d'art.



Le pont couvert mi-hauteur était une solution économique dans le cas de courte portée. Le ministère de la Colonisation se limitait à lambrisser les poutres sur toutes les faces. Le chaperonnage du sommet des poutres complétait la protection. Archives nationales du Québec à Québec, Office du film du Québec, auteur : Irénée Beaudet, cote E6,S7,P28872.



Pour poursuivre le voyage, le lecteur pourra se procurer l'ouvrage intitulé Les ponts couverts au Québec,  publié en 2005 chez l'éditeur Les Publications du Québec.


Jean Lefrançois, auteur
mise à jour : 1 novembre 2006




29/10/2006
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