Vieux pont de Saint-Pie, 1908-2008 : 100 ans ! (2)
Par Luc Cordeau
Membre du Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe
Le Vieux pont de Saint-Pie est un pont métallique à poutres triangulées assemblées avec des «rivets chauffés», technique de construction maintenant disparue qui provenait d'Europe. C'est sous la direction de l'ingénieur belge, Gérard Macquet que fût introduit au Canada en 1887, la technique des ponts métalliques entièrement rivetés, dont le premier pont de ce type aurait été construit au Québec. (La photographie ci-jointe montre deux «fours» à rivets)
Nom du pont
Depuis la construction du pont Daniel-Johnson, à Saint-Pie, au cours des années 1967-1969, le pont construit en 1908, est communément nommé : le Vieux pont. Auparavant, il s'agissait du Pont du village de Saint-Pie ou Pont de Saint-Pie. Pourtant, sans jamais avoir été nommé officiellement, dans les procès-verbaux municipaux de ses premières décennies, on retrouve fréquemment le nom de Pont Yamaska.
à l'automne 1908. Archives CHSH.
Entretien et réparations
Afin d'éviter des accidents et des dommages au pont par la circulation rapide des voitures à chevaux, les deux municipalités font installer un écriteau à chaque extrémité du pont. Le travail est réalisé au printemps 1909, par monsieur Uldéric Hamel, pour 3$. Il est inscrit sur les deux enseignes : «Défense de trotter sur ce pont – Trotting on This Bridge is Prohibited».
Dès 1912, soit quatre ans après sa construction, le pont a déjà besoin de réparations. En effet, les longerons (soliveaux ou lambourdes) de bois de pin qui supportent le pontage (le plancher) doivent être changés. Dans une lettre datée du 29 novembre 1912, la compagnie Phoenix Bridge souligne que «pour remplacer les lambourdes de bois par des lambourdes en acier, notre prix serait de 825 $. Si la Corporation du Village de Saint-Pie [nous donne tout le travail à réaliser] pour remplacer le plancher d'après les spécifications suivantes : six soliveaux en acier dans la largeur du pont (de 7 pouces de hauteur), le plancher en pin rouge, de quatre pouces, de la Colombie Anglaise, [notre prix sera] de 1775 $». Les travaux retardent car les deux municipalités ne s'entendent pas. En effet, la Municipalité de la Paroisse entend remplacer le plancher en madriers de «pin neuf» par-dessus les lambourdes détériorées et dangereuses. La Municipalité du Village, le 1er décembre 1913, dénonce cette décision qu'elle considère inconcevable pour la sécurité du public, les lambourdes actuelles devant être changées bientôt. Le 25 décembre, le député de Bagot J-E Phaneuf, avise le maire de la Municipalité du Village de Saint-Pie, monsieur Émile Bouchard, que le Ministère des Travaux publics de la Province de Québec accorde une somme de 400 $ pour l'installation de lambourdes en acier. Finalement, les travaux à effectuer par la Phoenix Bridge ont débutés au cours de la semaine du 16 février 1914. Les travaux ont été réalisés en hiver afin de permettre la circulation des voitures sur la glace pendant la fermeture temporaire du pont.
Il n'est pas nouveau de voir les municipalités se décharger de leurs responsabilités d'entretien de voies publiques sur le dos du Gouvernement ! Le 5 octobre 1931, il est résolu par la Municipalité de la Paroisse de Saint-Pie, de demander au Ministère de la Voirie de prendre en charge le nettoyage du pont : «Vu le mauvais état d'entretien et la disgracieuse malpropreté du Pont Yamaska, vu aussi l'aspect hideux et les dangers d'infection pour les piétons…». Le 4 décembre 1939, il est maintenant résolu de demander au Ministère de la Voirie «d'améliorer les deux côtés du pont à Saint-Pie de manière à éviter les accidents qui s'y produisent par suite de la chute des chevaux sur le pavage glissant».

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