Vieux pont de Saint-Pie, 1908-2008 : 100 ans ! (3)
Par Luc Cordeau
Membre du Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe
Fermeture et abandon
En 1967, il avait été convenu entre les municipalités de Saint-Pie et le Ministère de la Voirie du Québec, que le vieux pont métallique serait démoli après l'ouverture du pont Daniel-Johnson. En décembre 1968, le Ministère accepte à la demande des municipalités de ne plus faire démolir le pont mais de le remettre aux municipalités qui désiraient maintenant le conserver pour les piétons et les cyclistes. Le Gouvernement imposait certaines conditions : qu'il soit dégagé de toutes responsabilités futures relatives à l'entretien et aux réparations, que les véhicules ne puissent plus emprunter ce pont. Finalement, au printemps 1969, l'entente est conclue et les deux municipalités s'entendent entre elles pour une responsabilité en proportion de 50-50, pour l'entretien et les réparations à venir. C'est la Municipalité de la Paroisse qui sera la première à défrayer les coûts, la Municipalité du Village remboursera sa quote-part.
Suite à l'ouverture du pont Johnson, en 1969, le Vieux pont est fermé à la circulation automobile. De 1969 à 1989, il servira aux piétons et aux cyclistes. Ces derniers pendant vingt ans pouvaient traverser en toute sécurité la rivière Noire tout en admirant d'un côté le Mont Yamaska et de l'autre, les rapides de la rivière et les clochers de l'église. Il y a toutefois eu une exception en août 1972. À la suite de pluies abondantes, une inondation sur la rue Notre-Dame, aux abords du pont Johnson, empêcha pendant plusieurs heures les automobilistes de traverser la rivière. Le Vieux pont fût alors ouvert à la circulation automobile.
De 1969 à 1989, les municipalités n'ont jamais réellement entretenu le pont, le laissant se détériorer par la rouille, la pourriture et le «désagrégement» des culées de béton. En 1978,
À la réunion du Conseil municipal du Village de Saint-Pie, du 3 octobre 1988, un groupe de citoyens a déposé une pétition demandant un meilleur entretien du Vieux pont, comprenant notamment la réparation du tablier et des garde-fous et l'amélioration de l'éclairage. Après discussion concernant les coûts, le Conseil demande qu'une lettre soit envoyée à la Municipalité de la Paroisse de Saint-Pie l'avisant que le Conseil a l'intention dans un avenir prochain, de fermer l'accès au pont et qu'il accepte de céder à la Municipalité de la Paroisse ses droits sur ce pont. Cet événement a été le début de la fin de l'utilisation du pont.
Des discussions suivirent pendant plusieurs mois entre les deux municipalités de Saint-Pie et des citoyens qui ont même formés un comité, le CLVP (Conservons le Vieux pont), présidé par madame Céline Duval. Pétitions, correspondance avec les députés provincial et fédéral, études de faisabilité, rien y fait et le pont est définitivement fermé et abandonné vers le mois de juin 1989, tel que souhaité par les membres du Conseil municipal de la Municipalité du Village. Une clôture métallique «infranchissable» est installée aux deux extrémités du pont. En 1991, une nouvelle étude est réalisée. Il en coûterait 280 000$ pour restaurer le pont, mais les deux municipalités de s'entendent pas. Déclaration du maire de la Paroisse, monsieur Maurice St-Pierre, dans un journal régional : «De notre côté, nous serions prêts à injecter de l'argent sauf que le Village ne veut pas». À l'automne 2002, le Conseil municipal de la Ville de Saint-Pie (avant la fusion municipale), demande une aide financière au Gouvernement du Québec pour la démolition du Vieux pont évaluée à environ 300 000$, mais sans succès.
Renaissance
En septembre 2004, le projet de restauration du Vieux pont refait surface. Finalement, en juin 2007, la fondation de l'organisme sans but lucratif, Patrimoine et Tourisme Saint-Pie inc, par madame Suzie Guilmain et messieurs Serge St-Pierre et Luc Cordeau, va changer le cours de son histoire. En effet, le 21 mai 2008,
Ce doyen des derniers ponts métalliques du bassin de la rivière Yamaska (à part les ponts ferroviaires), qui fût le premier pont public de la région de Saint-Hyacinthe, devient, à cent ans, le premier pont privé de la région !
Saint-Pie vers 1930. Le Vieux pont, à l'arrière, le pont ferroviaire. Archives CHSH.

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