Carnet du Pontife ... les ponts du Québec

Carnet du Pontife ... les ponts du Québec

On danse sur le pont du Collège


" L'histoire sans monument pour l'étayer
n'est qu'une légende qu'on se raconte ... "

Isabelle Veilleux.


Jeudi le 28 août 2008, à quelques jours de l'inauguration du pont du Collège, je profitais d'une virée vers Rivière-du-Loup pour me rendre sur le site voir de visu les travaux de restauration. J'eu l'occasion de faire quelques photos en solitaire de l'ouvrage patrimonial. Le beau temps d'août agrémentait ma visite.



Vue à partir du sud.

D'abord, il est remarquable de constater comment le travail acharné et la détermination des gens de la localité de Saint-Onésime d'Ixworth depuis les six dernières années se sont matérialisés : la remise en état du pont couvert et la réalisation du parc des souvenances en témoignent. J'ajoute que la mise en valeur du site, de belle signature, est de bon augure pour l'appropriation de ce patrimoine par les gens des alentours et l'accueil des visiteurs.


Des équipements
où il fait bon s'y attarder.

Des équipements touristiques il fait bon s'y attarder rehausse la qualité du site. D'ici octobre, un jeu de panneaux d'interprétation viendra compléter le parc et raconter l'histoire de cette traversée.



Drappé dans sa robe à lambris rouge
et moulures blanche.


En ce qui concerne l'objet de la fierté des gens du milieu, près de 200 000 $ dollars plus tard, le dernier pont couvert de la MRC de Kamouraska retrouve son lustre d'antan. Le comité de sauvegarde a eu la sagesse de recouvrir la toiture de bardeaux de cèdre comme il était d'usage dans le temps. Ici, nous admirons un pont de colonisation typique. De bel apparence, le pont est drappé dans une robe à lambris rouge avec moulures blanche. Les fermes (poutres de type Town élaboré) en bois, autrefois fragilisées, offrent maintenant à la vue une rassurante ligne droite.


Réparation des diagonales de la ferme.

Pour ce faire, les menuisiers en charge de la charpenterie se sont mis au boulot pour remplacer les sections cassées ou endommagées (par la pourriture) de la corde inférieure et des diagonales. Les fermes en bois demeurent autoporteuses c'est-à-dire qu'elle supportent effectivement les charges mortes de la structure et les charges vives du tablier et que les concepteurs n'ont pas eu recours à des artifices comme éléments structuraux suppléants (profilés d'acier, haubans, etc.). Une partie des madriers de plancher a été remplacée du côté sud.


Nouveaux corbeaux en bois massifs ont été
mis en place sur les caissons.


De nouveaux corbeaux en bois massifs ont été mis en place sur les caissons pour bien assoir les fermes et transférer les charges aux unités de fondation : un élément qui alloue de la crédibilité à cette restauration. Remarquons que les culées en bois reposent sur de bonnes semelles en béton assises sur le roc : on peut difficilement faire mieux comme fondation.

Magnifique affiche de la journée.

Samedi le 30 août, c'était jour de l'événement. Le temps était de la fête à part une averse froide à l'heure du souper (les invités se sont précipités vite fait sous la couverture du pont l'histoire de quelques minutes - pratique un pont couvert! ).

À mon arrivée vers les 16h10, environ 150 personnes s'étaient donné rendez-vous pour célébrer la mise en valeur du pont patrimonial. La plupart de ces gens se massait dans le parc d'interprétation spécialement aménagé pour la fête.


150 participants se sont amenés sur le site
pour vivre ce moment historique.


En bordure du parc, sous une tente servant de comptoir, les convives pouvaient se procurer des rafraîchissements. Le moment était propice pour échanger sur les ponts couverts. Parmi l'assistance, on pouvait faire la connaissance de nouveaux initiés aux ponts couverts à l'humeur entousiaste et revoir d'anciens membres de la SQPC (Société québécoise des ponts couverts) qui rêvaient à de telles célébrations dans les années 80. Sous un ciel radieux, les dernières photos d'expédition se passaient de main à main pour le pur plaisir des amoureux d'histoire et d'ingénierie en pont de bois.


Vin et musique au rendez-vous.

Violoniste et pianiste du Camp musical Saint-Alexandre jouaient admirablement pendant que les invités se voyaient servir un vin d'honneur par une charmante hôtesse.

Le protocole a débuté vers les 17h00 avec un enchaînement de discours des intervenants.

D'abord, la Présidente du Comité de réfection du pont couvert, madame Isabelle Veilleux, a précisé dans son allocution :

" Nous sommes ici pour célébrer l'aboutissement de 6 années de travail acharné. Ce qui a été accompli nous permet de conserver un monument relié non seulement à notre histoire municipale, mais aussi à l'histoire de toute la région. Le pont fait partie des richesses de notre communauté. Nous ne pouvions nous permettre de laisser disparaître ce témoin de notre passé, car c'est nous et notre histoire qui auraient disparu par la même occasion. "

Elle ajoute : " L'histoire sans monument pour l'étayer n'est qu'une légende qu'on se raconte ... "


Isabelle Veilleux

La mairesse, madame Ghislaine Milliard Lavoie, a pris la parole à la tribune en rappelant avec fébrilité la démarche entreprise à l'hiver 2003 et le montage financier conséquent pour mener à terme un tel projet. Elle a souligné l'apport du Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, celui du Ministère des Ressources naturelles, l'implication des députés du comté, l'aide de la Caisse populaire de l'Anse de La Pocatière, le CLD, la SADC et la MRC du Kamouraska.


Ghislaine Milliard Lavoie

Ensuite se sont succédés au micro sept dignitaires.

À la coupe du ruban rouge, la fierté et l'accomplissement d'un grand rêve s'exprimaient sur les visages des artisans du projet regroupés au bout du tapis rouge déroulé jusqu'aux jambages du portique du pont pour ce moment solennelle et historique.


Tapis rouge et ruban.

Vers 18 h 00, Gérald Arbour, ex-président de la SQPC, a présenté un tour d'horizon très instructif sur nos ponts couverts québécois. Durant près de 30 minutes, le conférencier a pris plaisir a faire découvrir beaucoup de chiffres et de faits intéressants sur ces constructions en bois et souligner les particularités du parc des 85 derniers ponts couverts du Québec. 


Conférence de Gérald Arbour.

Quelques minutes plus tard, on pouvait sentir la cuisson du blé d'inde envahir les alentours et voir défiler les fines bouches, hot dogs à la main, déambuler joyeusement jusqu'aux tables à pique-nique. À en juger par les files d'attente en quête d'un bon chien chaud et d'un épis, le souper a remporté un franc succès.


Une petite partie de l'exposition et
votre bloguiste Le Pontife.

À quelques centaines de mètres du site, au chalet du Club Hiboux, était présenté l'exposition des Publications du Québec sur les ponts couverts du Québec composée de 29 laminés tirées du livre Les Ponts couverts au Québec. C'était la première fois que je voyais de mes yeux l'exposition à laquelle j'avais travaillé à la réalisation en 2005.

À l'accueil du chalet, les amateurs pouvaient se procurer à prix modiques des souvenirs aux armoiries de la municipalité : tee-shirts noir, casquettes, épinglettes, buck à bière, ...

Plus tard en soirée, une projection en plein air du film La grande séduction était offerte. Vers les 22h00, une soirée de musique avec service de bar se déroulait sur le pont. J'aurais bien apprécié assister à ces activités bien singulières mais le retour à Québec m'appelait.

Pour conclure, Saint-Onésime d'Ixworth a fait les choses en grand au cours de cette journée ... à la dimenson du courage des membres du Comité de réfection du pont couvert. Souhaitons que cette réussite collective serve de modèle et d'encouragement à d'autres communautés cherchant elles-aussi à sauvegarder leur patrimoine.


Jean Lefrançois, auteur
mise à jour : 2 septembre 2008





01/09/2008
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