Carnet du Pontife ... les ponts du Québec

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Vieux pont de Saint-Pie, 1908-2008 : 100 ans ! (1)

Par Luc Cordeau

Membre du Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe

 

En 1887, le Gouvernement provincial d'Honoré Mercier met sur pied la politique des ponts métalliques afin d'améliorer les voies de communication notamment dans les municipalités rurales où les ponts de bois étaient souvent détruits ou endommagés par les glaces lors des crues printanières. Le Gouvernement subventionnait une partie des coûts pour la construction de ponts de fer. Par manque de fonds, cette politique est suspendue dès 1892. Cependant, en 1908, elle fut reprise par le Gouvernement de Lomer Gouin. À Saint-Pie, les municipalités ont pu bénéficier de la reprise de cette politique.

 
Il y a cent ans, le lundi 16 novembre 1908, le Vieux pont de Saint-Pie était officiellement inauguré. Furent présents à cet événement : messieurs Louis-André Vallée, ingénieur en chef du Département des travaux publics du Gouvernement de la Province de Québec, qui déclara «le pont ouvert au service du public», les maires de Saint-Pie, Clément Bernier, de la Municipalité de la Paroisse et Léon Marin, de la Municipalité du Village, le curé Pierre-Zéphirin Decelles qui procéda à la bénédiction, les députés, Joseph-Edmond Marcile, fédéral et Frédéric-Hector Daigneault, provincial.

 
En plus du discours des députés, le curé Decelles prononça une allocution portant sur la paix et l'harmonie qui grâce à ce nouveau pont allaient être de retour dans la paroisse. Quinzième pont construit sur la rivière Noire à Saint-Pie depuis 1803, il s'agit du premier pont public et libre de péage de la région de Saint-Hyacinthe. Il remplace celui de la Compagnie du Pont de Saint-Pie détruit par les glaces le 30 mars 1907.


À la suite de ce malheureux événement, une chicane dans la paroisse concernant le projet de construction d'un pont public, provoqua une division de la Municipalité de la Paroisse par la création d'une troisième municipalité à Saint-Pie, la Municipalité de L'Espérance, qui exista pendant environ sept mois. Le principal litige concernait le rejet du projet de règlement d'emprunt par une partie de la population de la Municipalité de la Paroisse qui n'était pas intéressée à payer pour la construction d'un pont dont elle n'avait pas besoin, privant ainsi d'un pont libre de péage d'autres citoyens.
 


Vieux pont de Saint-Pie lors de la construction à l'automne 1908.Archives du Centre d'histoire de Saint-Hyacinthe

Finalement, grâce à l'intervention du curé Decelles, qui organisa au presbytère un «Congrès de la Paix». Des citoyens furent désignés pour la tenue de rencontres qui eurent lieu à trois reprises, les 23, 24 et 28 février 1908, afin de trouver des solutions acceptables pour tous. Parmi les conclusions de l'entente, notons celle acceptant qu'un pont libre de péage soit construit au village par les municipalités de la Paroisse et du Village, au prorata de ses évaluations, on indiqua «qu'aussitôt payé ce pont libre du village, mais pas plus tard que dans quatre ans, un autre pont libre soit construit en Haut de la Rivière». C'est ce qui arriva en 1912-1913, avec la construction du pont Damase-Fontaine, détruit en juillet 2008. La chicane ayant prit fin, le projet de construction du nouveau pont pu enfin débuter.

 
Dès le 19 mars suivant, le député provincial de Bagot, Frédéric-Hector Daigneault, d'Acton Vale, entreprend de la correspondance avec le Ministre des Travaux publics, Louis-Alexandre Taschereau et l'ingénieur Vallée. Ce dernier est invité par le député à se rendre à Saint-Pie le lundi soir 22 juin «afin de voir au contrat qui sera donné pour la construction du pont du village. Je m'y rendrai moi-même». Le 1er juin, trois soumissions avaient été présentées au Conseil municipal du Village.

 
Le 6 juillet, les municipalités de la Paroisse et du Village de Saint-Pie acceptent conjointement la soumission de la compagnie américaine Phoenix Bridge and Iron Works Ltd, succursale de Montréal, pour la construction d'un pont de fer de 221 pieds clairs, 228 pieds de pontage et de 16 pieds de voie sans pilier central, selon les plans de l'ingénieur Louis-André Vallée, datés du 30 juin. Le pontage sera en épinette et les soliveaux en pin. Avec la construction des deux culées, le coût des travaux est de 10 000 $.

 
Le Gouvernement de la Province de Québec a octroyé une subvention de 5 000 $ répartie sur trois ans, à 1 000 $ par année, après un premier versement de 2 000 $ dès la fin des travaux. La structure métallique est transportée par train des États-Unis à Saint-Pie à la mi-septembre. Elle est montée en quelques semaines, sur les culées construites en août. Une première peinture avait été réalisée à l'atelier de la compagnie, une seconde lorsque le pont fut construit. Plusieurs citoyens de Saint-Pie ont travaillé pour remblayer les «approches» du pont.

 

Deuxième partie bientôt !

 

Source :  Le courrier de Saint-Hyacinthe


Note de la rédaction : Si l'on souhaite contribuer au financement du projet de restauration  du vieux pont de St-Pie en cours présentement, on peut s'adresser à monsieur Luc Cordeau à l'adresse de courriel suivante : luc.cordeau@cgocable.ca
 




21/11/2008
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